Andersen et l'histoire du rossignol "venu ...chanter réconfort et espoir".
En guise de contrepoint pour le billet consacré aux femmes afghanes privées de la parole en public, qu'elle soit expression personnelle ou interprétation de chant ou de texte, voici un retour dans le passé avec l'extrait d'un conte d'Andersen, Le Rossignol et l'empereur de Chine.
Pourquoi revenir au grand écrivain danois en mentionnant un de ses 156 contes souvent cantonnés à l'univers des enfants ? Les pouvoirs autoritaires détestent la musique ( voir par exemple les billets du 19 octobre 2022, "La musique assassinée" ou du 22 mars 2024, "Musique et mort") mais l'empereur de Chine découvre un bonheur insoupçonné avec la beauté du chant de l'oiseau.
Christian Andersen raconte à tous la victoire du rossignol du jardin impérial sur l'oiseau mécanique. Plus que toutes les richesses matérielles, c'est la voix du rossignol qui donne le bonheur.
(...) "Tout à coup, venant de la fenêtre, on entendit le plus merveilleux des chants : c'était le petit rossignol, plein de vie, qui était assis sur une branche. Ayant entendu parler de la détresse de l'empereur, il était venu lui chanter réconfort et espoir. Et tandis qu'il chantait, les visages fantômes s'estompèrent et disparurent, le sang se mit à circuler toujours plus vite dans les membres fatigués de l'empereur, et même la Mort écouta et dit : « Continue, petit rossignol ! Continue ! »
« Bien, me donnerais-tu le magnifique sabre d'or ? Me donnerais-tu la riche bannière ? Me donnerais-tu la couronne de l'empereur ? »
La Mort donna chacun des joyaux pour un chant, et Rossignol continua à chanter. Il chanta le tranquille cimetière où poussent les roses blanches, où les lilas embaument et où les larmes des survivants arrosent l'herbe fraîche. Alors la Mort eut la nostalgie de son jardin, puis elle disparut par la fenêtre, comme une brume blanche et froide.
« Merci, merci ! » dit l'empereur. « Toi, divin petit oiseau, je te connais bien ! Je t'ai banni de mon pays et de mon empire, et voilà que tu chasses ces mauvais esprits de mon lit, et que tu sors la Mort de mon cœur ! Comment pourrais-je te récompenser ? »
« Tu m'as récompensé ! » , répondit Rossignol. « J'ai fait couler des larmes dans tes yeux, lorsque j'ai chanté la première fois. Cela, je ne l'oublierai jamais; ce sont là les joyaux qui réjouissent le cœur d'un chanteur. Mais dors maintenant, et reprend des forces; je vais continuer à chanter ! »
Il chanta, et l'empereur glissa dans un doux sommeil; un sommeil doux et réparateur !
Le soleil brillait déjà par la fenêtre lorsque l'empereur se réveilla, plus fort et en bonne santé."(...)
Le texte intégral est assez long et peut être consulté à l'adresse suivante : Le rossignol et l'Empereur - Hans Christian Andersen | touslescontes.comTous les contes - Contes, récits et légendes de tous les pays
On peut également l'écouter sur le site Dailymotion : Les contes d'Andersen - Le Rossignol et l'Empereur de Chine - Vidéo Dailymotion
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