Portraits de mauvais garçons

Publié le par Océ

Edmond Charles Joseph Yon, estampe représentant Babet, Gueulemer, Claquesous et Montparnasse.

Edmond Charles Joseph Yon, estampe représentant Babet, Gueulemer, Claquesous et Montparnasse.

   Apaches, voyous, bandes, blousons noirs... trois homicides en peu de temps font redécouvrir l'existence de jeunes  mineurs ou à peine majeurs vivant en marge de la société.

   Un article sur les Apaches :

https://www.pariszigzag.fr/secret/histoire-insolite-paris/apaches-paris-voyous-belle-epoque-1900

    Un portrait signé Victor Hugo, extrait de son grand roman, Les Misérables (IIIème partie, L. VII,chap.3)

   "Un être lugubre, c'était Montparnasse. Montparnasse était un enfant ; moins de vingt ans, un joli visage, des lèvres qui ressemblaient à des cerises, de charmants cheveux noirs, la clarté du printemps dans les yeux ; il avait tous les vices et aspirait à tous les crimes. La digestion du mal le mettait en appétit du pire. C'était le gamin tourné voyou, et le voyou devenu escarpe. Il était gentil, efféminé, gracieux, robuste, mou, féroce. Il avait le bord du chapeau relevé à gauche pour faire place à la touffe de cheveux, selon le style de 1829. Il vivait de voler violemment. Sa redingote était de la meilleure coupe, mais râpée. Montparnasse, c'était une gravure de modes ayant de la misère et commettant des meurtres. La cause de tous les attentats de cet adolescent était l'envie d'être bien mis. La première grisette qui lui avait dit : Tu es beau, lui avait jeté la tache de ténèbres dans le cœur, et avait fait un Caïn de cet Abel. Se trouvant joli, il avait voulu être élégant ; or, la première élégance, c'est l'oisiveté ; l'oisiveté d'un pauvre, c'est le crime. Peu de rôdeurs étaient aussi redoutés que Montparnasse. A dix-huit ans, il avait déjà plusieurs cadavres derrière lui. Plus d'un passant les bras étendus gisait dans l'ombre de ce misérable, la face dans une mare de sang. Frisé, pommadé, pincé à la taille, des hanches de femme, un buste d'officier prussien, le murmure d'admiration des filles du boulevard autour de lui, la cravate savamment nouée, un casse-tête dans sa poche, une fleur à sa boutonnière ; tel était ce mirliflore du sépulcre."

 L'oisiveté, mère de tous les vices ?

L'oisiveté, mère de tous les vices ?

https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2021-02-26/les-apaches-ces-bandes-de-jeunes-qui-terrorisaient-paris-au-debut-du-xxe-siecle-66557613-81ff-412f-8937-7835b01a5c28

    Pour enrichir la réflexion sur ces comportements de jeunes, on  ajoutera un  document plus récent, conservé par l'INA. A voir ou à revoir, une  rencontre sous la signature de Pierre Dumayet, pour l’émission 5 colonnes à la une (Sortie : 1960).

  Les voix sont datées, les comportements racontés  dans la période un peu assagie donc avec du recul mais bien des explications et solutions sont encore d'actualité.

https://universfroid.wordpress.com/2018/10/09/les-blousons-noirs-des-batignolles/

Publié dans Littérature, Société

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