Sourires poétiques : le paon et la pavane

Publié le par Océ

 Le paon, un oiseau qui sait se faire valoir.

Le paon, un oiseau qui sait se faire valoir.

    Peut-être est-ce la pléthore de candidats  briguant une place dans la course à l'Elysée et, bien sûr, la victoire, tout cela combiné au poids des chaînes d'information continue et  des concours de phrases qui choquent.  Toujours est-il que l'on ne peut s'empêcher d'associer deux termes, paon et pavane, même  s'ils n'ont pas la même étymologie.

    Parler du paon conduit immanquablement à l'oiseau au superbe plumage coloré et ocellé qui se déploie généreusement en éventail. De là à lui  prêter orgueil et vanité ostentatoire, il n'y a plus qu'un pas.

    On relira avec plaisir la présentation donnée par Jules Renard ( Histoires naturelles).

                             Le paon

"Il va sûrement se marier aujourd'hui.
Ce devait être pour hier. En habit de gala, il était prêt. Il n'attendait que sa fiancée. Elle n'est pas venue. Elle ne peut tarder.
Glorieux, il se promène avec une allure de prince indien et porte sur lui les riches présents d'usage. L'amour avive l'éclat de ses couleurs et son aigrette tremble comme une lyre.
La fiancée n'arrive pas.
Il monte au haut du toit et regarde du côté du soleil. Il jette son cri diabolique :
Léon ! Léon !
C'est ainsi qu'il appelle sa fiancée. Il ne voit rien venir et personne ne répond. Les volailles habituées ne lèvent même point la tête. Elles sont lasses de l'admirer. Il
redescend dans la cour, si sûr d'être beau qu'il est incapable de rancune.
Son mariage sera pour demain.
Et, ne sachant que faire du reste de la journée, il se dirige vers le perron. Il gravit les marches, comme des marches de temple, d'un pas officiel.
Il relève sa robe à queue toute lourde des yeux qui n'ont pu se détacher d'elle.
Il répète encore une fois la cérémonie."

Une danse d'autrefois (site : https://www.histoires-de-paris.fr/pavane/)

Une danse d'autrefois (site : https://www.histoires-de-paris.fr/pavane/)

     Sans  rapport à l'origine avec le paon, la pavane désigne une danse lente, majestueuse qui évoque les bals des cours royales. Elle doit son nom  à l'italien pavano qui signifie "de Padoue".

     Cette danse a inspiré Andrée Chedid  qui s'est amusée  avec  un signe de ponctuation souvent négligé et pourtant essentiel à la compréhension :

        "Pavane de la virgule"


« Quant à Moi ! », dit la Virgule,
J’articule et je module ;
Minuscule ; mais je régule
Les mots qui s’emportaient !

J’ai la forme d’une Péninsule ;
A mon signe la phrase bascule.
Avec grâce je granule
Le moindre petit opuscule.


Quant au Point !
Cette tête de mule
Qui se prétend mon cousin !

Voyez comme il se coagule,
On dirait une pustule,
Au mieux : un grain de sarrasin

                                    Andrée CHEDID

      En musique, Ravel  a  noua a laissé  sa Pavane pour une infante défunte, interprétée entre autres par l'Orchestre national de France à l'adresse suivante :  https://www.youtube.com/watch?v=2_c8JRCKq1A

Sourires poétiques : le paon et la pavane

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